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            Entre l’opinion publique et la presse, une confiance en peau de chagrin.

 

Fot. freeimages.com           

           

            La campagne 2017, si elle ne soulève pas le débat d’idées que l’on espérait, est au moins le théâtre d’une connivence historique entre les citoyens et la classe politique à l’encontre des différents médias. En effet, de droite à gauche, en passant par les extrêmes, électeurs comme candidats se déchirent sur tout mais s’accordent néanmoins sur un point : La presse est au service de l’adversaire. Ironie de l’arroseur arrosé, c’est aujourd’hui les journalistes français qui sont victimes d’un lynchage en public. Bien entendu, le terme ‘’Presse’’ est englobé dans un grand tout uniforme et le nom du favoris  change en fonction du bord politique interrogé. Marine le Pen accuse ainsi les journalistes d’être au service d’Emmanuel Macron. Certains militants d’extrême gauche affirment au contraire que c’est en faveur du front national que penche l’encre sur le papier. De son côté, François Fillon charge le gouvernement d’instrumentaliser sa mise en examen par le biais des médias et patati et patata. Quid de ce fourbi abscons ? Les médias défendent-ils un candidat en particulier ?

 

             Lors d’une rencontre syndicale entre les différents acteurs médiatiques, Benoît Hamon a jeté un grand froid en proposant une mesure visant à plafonner la part tenue par un actionnaire dans le conseil d’administration d’un organe de presse à hauteur de 40 %. Le constat a quelque chose d’orwellien : neuf milliardaires possèdent 80 % des médias en France. Dassault, Arnault, Bolloré, autant de noms scandés à longueur de manifestations mais jouissant toutefois d’un monopole insolent sur l’actualité française. Bien entendu, ces grandes fortunes ont des affaires dans divers secteurs économiques et l’on parlerait volontiers de conflit d’intérêts si la déontologie du monde des finances était aussi rigoureuse que celle exigée et espérée en politique. Une telle configuration est la porte ouverte à la valorisation d’un candidat au détriment d’un autre (un peu plus encore avec la suppression de l’obligation d’égalité de temps de parole) et par extension une grosse entrave à la démocratie. Cette sombre réalité reste à prendre avec réserve. Dans les faits, les choses s’avèrent plus complexes.           

 

            Si l’hégémonie de ces milliardaires leur donne les clés des grandes rédactions, le papier vendu en kiosque n’est pas pour autant le reflet de leurs lubies. Ouest France compte 63 rédactions pour 576 journalistes. On en compte près du double pour Le Monde. Une fois le rédacteur en chef désigné, l’influence des propriétaires s’arrête là (L’Agence France Presse milite actuellement pour que le rédacteur en chef soit nommé par l’ensemble de la rédaction et non par le Conseil d’Administration, mesure qui renforcerait un peu plus encore l’indépendance de l’ensemble des journalistes). Il y a dans un même journal, un grand nombre de protagonistes. Dire que l’ensemble de ces journalistes tomberait d’accord pour mettre en avant un candidat plutôt qu’un autre est une affirmation bancale et difficile à défendre. Rhétorique édulcorée ? L’idée n’est pas ici de se faire l’avocat du diable mais de ramener l’influence des dirigeants à ce qu’elle est, une conjoncture parmi d’autres. De plus, selon le Code du travail en vigueur, un journaliste peut imposer la publication de son article si celui-ci possède un intérêt médiatique. Le problème de la presse française ne réside donc pas seulement dans la prédominance d’un petit groupe d’actionnaires mais surtout dans une considération bien plus prosaïque : l’argent.

 

Le sociologue Pierre Bourdieu

            Comme d’aucuns savent, le milieu de l’actualité couvre les crises du monde autant qu’il est un monde en crise. De moins en moins de lecteurs, de plus en plus de médias gratuits ( Cnews, 20 minutes), tout cela participe à rendre la vie, voire la survie des grands journaux malaisée. Ces problèmes financiers obligent les médias à entrer dans une logique délétère pour la profession : celle du marchand de tapis. Le sociologue Pierre Bourdieu avait déjà mis le doigt sur le problème en 1996 dans son ouvrage Sur la télévision. La télé, tout comme la radio et les journaux, vit grâce à son rayonnement auprès des  consommateurs. Cette nécessité de plaire entraîne l’uniformisation et la marchandisation de l’actualité. Le secteur est dans une crise telle que les grandes entreprises achètent des plages publicitaires comme on donne l’aumône à un mendiant (quoi de plus étrange que cette campagne EDF, diffusée en boucle sur les chaînes de France télévision alors qu’aucun produit n’est mis en vente et que le groupe ne souffre d’aucune concurrence dans la distribution d’électricité ? ) L’attention est aujourd’hui portée sur la rentabilité de l’information. Dans une logique d’offre et de demande, l’article aguichant prime sur le pertinent.  Avec ces éléments en tête, peut-on affirmer que la grande attention portée à Marine le Pen et à Emmanuel Macron – chouchous des médias pour les Français selon un sondage IFOP – est d’ordre politique ? Ce sont également les deux qui caracolent en tête des sondages,  donc jouissant d’une plus-value intéressante pour quiconque en parle ; les sujets parfaits pour une presse indigente.

            Certains diront que leurs positions dans les sondages reflètent celles qu’ils occupent dans les médias, mais n’est-ce pas plutôt leur places dans les médias qui est la conséquence de celles qu’ils ont dans les sondages ? N’est-ce pas surévaluer le rôle de la presse sur les opinions ? Il y a fort à penser, selon Paul Lazarsfeld, que le milieu fait acte de prosélytisme bien plus que ne le font les médias. Il n’y aurait alors pas de candidat plébiscité par calcul politique mais tout simplement par logique commerciale ; mention spéciale pour le candidat Fillon, véritable best-seller de ce crue 2017. Rappelons au passage que Marine Le Pen a été allégrement bousculée lors des soupçons sur les financements de campagnes douteux qui font encore l’objet d’une enquête judiciaire. Le candidat d’ En Marche !  à dû quant à lui se mordre les doigts après ses déclarations sur la colonisation algérienne, en lisant les tribunes à son encontre relayées abondamment par les différents médias.

           

            En somme, nous voilà dans une situation fâcheuse. Un système médiatique en crise qui galvaude les lignes éditoriales au profit d’une rentabilité. Rentabilité de plus en plus difficile à atteindre car les citoyens se détournent des médias et de leurs informations qu’ils jugent tronquées. Tronquées, car la presse fait une sélection vénale de l’information.  Un effet boule de neige en fin de compte, qui ne sert que les journalistes amateurs et les blagueurs en tout genre, répandant sur le net une flux d’informations aussi loufoques que dangereuses. Le véritable problème de la presse est d’ordre économique et non éthique bien que l’un entraîne l’autre. Penser que la presse est au service d’un individu peut s’avérer faux voire dangereux car cela est en réalité l’arbre qui cache la forêt. Dans l’impasse, la presse va à vaut-l’eau, les poches vides et la caisse béante mais elle vaudra toujours mieux que les sombres sites d’informations trouvées au hasard d’une molle flânerie sur la toile.

 

 

 

Tristan Barra.

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[Chronique] Sous le seuil de pauvreté le CROUS

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Aujourd’hui, alors que je me pète encore une dent et que je ne peux pas aller chez le dentiste car je n’en ai pas les moyens et que, comme je suis étudiant je n’ai pas le droit aux aides de l’état pour me soigner et comme j’ai un retard dans mon dossier du CROUS, je ne touche toujours pas mes bourses, je commence à me poser des questions.

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Éradiquons la vérole solférinienne !

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Bonjour. Aujourd’hui, c’est fatigué et après une semaine de maladie et de révisions que je viens vous faire mon coup de gueule. Pour être franc, je n’étais pas sûr de venir ce soir pendant un moment : eh oui, c’est les partiels. Révisions obligent, j’ai moins de temps pour moi, et du coup, moins de temps pour gueuler. Seulement, c’est plus fort que moi : le naturel a repris le dessus, et je suis obligé de venir cracher mon venin. (suite…)

Finalement un bien triste jour

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Aujourd’hui je me dis que je vais encore vous tenir la grappe avec le mouvement contre la loi travail et avec la manifestation de ce jeudi qui partira

Je me lève donc paisiblement avec l’envie d’écouter Brel, je commence donc cette belle journée sous la joie d’un merveilleux « Les bourgeois c’est comme les cochons », mais sous ce merveilleux soleil déjà levé voilà pas que je tombe des nues, quatre jours après l’arrestation d’Abdeslam Salah à Molenbeek, ces enfoirés sont passé à l’acte avec des attentats suicides à Bruxelles dans l’aéroport et le métro. Voilà ces enculés m’ont gâché m’ont réveil en douceur, moi qui m’était motivé à bosser ma dissertation, je me retrouve à épier chaque article qui passe sur le sujet.

Alors que l’horreur terroriste frappe encore, chez nos voisins belges cette fois, les relents vomitifs de haine commencent à jaillir de la bouche putride de certains êtres ignobles et de certains journaleux dégueulasses.

Juste avant d’écrire ces quelques mots j’écoute l’édition spéciale de RMC avec Eric Brunet. Bon quand on regarde le pedigree du bonhomme on sais tout de suite ce qui va être dit ou presque. En effet l’homme a à son actif un bouquin nommé « Être un journaliste de droite a été un vrai calvaire » il a aussi une émission sur BFM TV en plus de celle sur RMC, celle-ci il la présente un soir sur deux et elle se nomme « Direct de droite ». L’émission carrément Brunet qui avait laissé sa place à l’émission spéciale à quand à elle eu le droit à des mises en demeure et une mise en garde pour propos portant atteinte à la dignité de la personne humaine.

Bon maintenant que le portrait est planté venons au propos de cet ex-détenteurs de la carte de presse.Dans un premier temps il pousse à l’amalgame en insistant à chaque fois sur la cause des réfugiés, car oui nous devons pas nous occuper d’eux et surtout c’est grâce à eux que Salah et ses copains ont réussi à franchir les frontières. Selon lui il faudrait également ficher tout les humains, et il ne comprend pas ce qu’il y a de dérangeant à cela ! bah oui ce serait bien plus simple, et puis tant qu’on y est pourquoi pas mettre des puces tout le monde comme un joli troupeau de mouton on déjà tellement calqué notre société sur leur mode de vie.

Heureusement un ancien militaire est venu s’intégrer au débat et à rappeler la première raison pour laquelle cette proposition est totalement incongrue, stupide et impossible : nous sommes encore en démocratie.

Alors d’accord ces derniers temps nous pouvons nous poser des questions sur cette démocratie quand on voit les répressions policières qu’ont pu subir les manifestants et plus particulièrement les étudiants ces derniers temps. Prenons juste l’exemple de Tolbiac, pour une petite centaine d’étudiants se réunissant en amphi pour procéder à une AG, les forces de l’ordre sont arrivées par centaines. Les CRS qui étaient plus de 250 ont chargé sans sommation, de jeunes personnes se sont retrouvées en sang le crane ouvert.

Alors monsieur Brunet je vous demanderais très poliment de vous taire parce que quand vous faites en sorte de créer un état policier et totalitaire, des centaines de milliers de français font tout pour retrouver ses libertés qu’on lui arrache de plus en plus chaque jour !

Chronique d’un procrastinateur #1

Bien le bonjour à toi qui me lis,si tu ne sais pas encore ce qu’est un procrastinateur, je tiens à te dire que tu en es peut-être un toi même. Je vais donc commencer par me décrire. Qu’est-ce qu’un procrastinateur ? Et bien c’est vrai que c’est une bonne question, pour faire simple, je ne me suis pas trop épuisé et j’ai pioché ce que j’ai pu trouver en premier : « Le retardataire chronique, appelé procrastinateur, n’arrive pas à se mettre au travail, surtout lorsque cela ne lui procure pas de satisfaction immédiate. » Pour faire plus simple la procrastination est une tendance à remettre tout au lendemain. Comme ça vous êtes fixés, ici je vous proposerai des articles qui ont été commencé un jour, fini un autre, et uniquement (ou quasiment) sur des sujets qui m’intéressent. D’ailleurs trêves de bavardages c’est le moment de commencer.

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