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Vers un état d’urgence permanent

Le projet de loi visant à faire entrer les mesures de l’état d’urgence dans le droit commun et ce, malgré l’efficacité toute relative de cet état d’exception, était discuté cette semaine dans l’hémicycle. Nombreux sont les juristes et les associations de défense des droits de l’homme qui s’inquiètent des conséquences d’une telle loi sur les libertés fondamentales des citoyens français.

« La sécurité est la première des libertés ». Ce slogan, sentant plus le sophisme bon marché que la maxime universelle, trouve un écho tout particulier en cette dernière semaine de septembre. Terminée l’attitude, très macronienne, du « ni pour, ni contre, bien au contraire. » Le candidat, devenu président, avance bille en tête, sans tendre l’oreille aux hostilités qui accompagnent chacune de ses réformes. Cette loi antiterrorisme n’échappera pas à la règle. Les sirènes d’alerte ont beau retentir, d’Amnesty internationale à la ligue des droits de l’homme, depuis le mois de juin, le gouvernement s’active à rédiger un texte permettant la sortie de l’état d’urgence, mesure enclenchée en 2015, à la suite des attentats du 13 novembre.

Pour ce faire, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, entend tout bonnement entrer quatre mesures de cet état d’exception dans le droit commun. Juristes et associations s’indignent à l’unisson contre une nouvelle dérive sécuritaire quand, au contraire, l’ancien maire de Lyon défend un projet nécessaire et « musclé ». Mettre fin à l’état d’urgence en instaurant un état d’urgence permanent, voilà un raisonnement à vous laisser pantois. Quelles peuvent-être les conséquences d’un tel scénario ?

Perquisitions, assignations à résidence et périmètres de protection

Que les amoureux de la novlangue macronienne se réjouissent, même concernant la lutte contre le terrorisme, le gouvernement sait habilement choisir ses mots. Ainsi, on ne parlera désormais plus de perquisitions administratives mais de « visites domiciliaires » (selon le texte de l’Assemblée nationale). Si le terme a, au premier abord, quelque chose de presque romantique, la réalité qu’il désigne l’est nettement moins. Sur la base du seul soupçon, le ministre, le préfet ou le juge des libertés et de la détention, pourra ordonner la fouille d’un domicile et réclamer au terroriste présumé, ses codes et ses identifiants Internet.

Concernant l’assignation à résidence, Gérard Collomb à lâché du lest. En effet, le ministre de l’Intérieur a limité le périmètre minimal de cette assignation à la taille d’une commune, afin de permettre au suspect de continuer à exercer une vie professionnelle et familiale. Seront proposés, au choix, le port d’un bracelet électronique ou des pointages au commissariat qui devront être effectués sept fois par semaine et ce, en dépit d’une contre-proposition du Sénat visant à restreindre ce nombre à trois ; proposition évidemment balayée d’un revers de la main par l’Assemblée nationale, en parfaite intelligence avec un ministre de l’Intérieur, aussi rigoureux sur le plan sécuritaire que sa réputation le laisse entendre.

Autre mesure controversée, le droit de mettre en place « une zone de protection » lors de rassemblements, selon l’appréciation du préfet. Dans ce périmètre défini, la police pourra effectuer des contrôles aléatoires, fouiller les bagages et vérifier les identités. Les limites de ce périmètre de sécurité seront fixées par le préfet lui-même qui pourra également ordonner la fermeture de lieux de culte, susceptibles de promouvoir le terrorisme.

Une loi discriminante

Fondé sur le soupçon plutôt que sur la constatation de délits avérés, ce projet de loi risque d’exacerber, un peu plus encore, le sentiment de stigmatisation pour une partie de la population. Avec l’entrée en vigueur de ce texte, un musulman, en France, sera étiqueté « terroriste potentiel », bien plus que tout autre citoyen de l’hexagone. Malgré le lien manifeste entre radicalisation et stigmatisation, ce projet de loi nage à contre-courant en instaurant, implicitement, une population à risque. Depuis la mise en place de l’état d’urgence, 6 000 perquisitions administratives ont été autorisées, pour seulement 20 mises en examens. Des chiffres qui interrogent sur la pertinence des informations validant ces visites domiciliaires, et qui mettent en exergue le caractère profondément arbitraire de ces décisions.

Gérard Collomb promet que, contrairement à l’état d’urgence version François Hollande, ces nouvelles mesures cibleront les cas de « terrorisme ». Le floue demeure néanmoins sur l’utilisation qui pourrait être faite de cette arme sécuritaire sur le long terme. Le mot « terrorisme » est une notion à la sémantique assez vague, regroupant un « Ensemble d’actes de violences commis par une organisation ou un individu pour créer un climat d’insécurité » nous dit le Larousse. Les militants d’extrême gauche et d’extrême droite pourraient, entre autres, être concernés par ce projet de loi. C’est en tout cas l’analyse de Patrice Ribeiro, responsable du syndicat Synergie-Officiers, qui déclarait au journal Le Figaro : « dans le cadre de la terminologie d’une loi antiterroriste, […] ce qui est en cause, c’est bien la montée des radicalités ».

Si cet état d’urgence banalisé s’immisce dans le droit commun, nous sommes en droit de nous demander quelle utilisation en sera faite, dans plusieurs années, lorsque l’islamisme radical ne sera plus une source de terreur. Quelles seront, alors, les cibles susceptibles de se voir attribuer l’embarrassant sobriquet de « terroriste » ?

Un recul de l’état de droit


L’état d’urgence est une législation d’exception qui fût promulguée en 1955, dans un contexte d’extrême tension entre la France et le FLN (Front de libération nationale). À l’époque, le texte cristallise les oppositions. Raymond Guyot, député communiste, l’assimilait à « un projet de loi fasciste » permettant aux préfets d’obtenir un pouvoir proche de celui des dictateurs. Le caractère temporaire de cette mesure était alors mis en avant pour faire taire les oppositions.

Avec un tel passif, on comprend mieux les inquiétudes de Christine Lazerges, présidente du CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’Homme), qui, dans une interview accordée à Médiapart, considérait ce texte comme : « une grave régression de l’état de droit ». Faisant entrer dans le droit commun des mesures d’exception, cette loi banalise des règles allant à l’encontre des libertés fondamentales. Concernant La mise en place de périmètre de sécurité, on reste sceptique quant à l’utilisation abusive qui pourrait en être faite, notamment lors des mouvements de protestation sociale.

Raphaël Kempf fustige pour sa part une « loi des suspects ». À travers une tribune, publiée dans l’hebdomadaire Le Monde Diplomatique, cet avocat du barreau de Paris dénonce un texte qui va à l’encontre du principe de présomption d’innocence, principe pourtant cher à nos politiques quand ce sont leurs mains qui sont prises dans le pot de confiture. François Sureau, avocat victorieux de trois questions prioritaires de sécurité, considère, pour sa part, que ce projet de loi renverse la philosophie du droit en mettant à mal deux principes fondateurs : « Le premier de ces grands principes est que la liberté est la règle et la restriction de police l’exception. Le second est qu’on ne peut être privé de sa liberté que par la décision de quelqu’un d’indépendant au gouvernement. »

Faisant de tout citoyen un coupable potentiel, et autorisant le gouvernement à priver ce citoyen de sa liberté, le texte proposé par Gérard Collomb met en péril ces deux grands principes qui dictent la philosophie juridique actuelle.

Une efficacité relativement nulle

C’est, sans doute, le fait le plus consternant de toute cette affaire : « l’état d’urgence, tout le monde le sait, ne sert à rien, passé les premiers jours, en matière de lutte contre le terrorisme » glisse François Sureau aux journalistes de Médiapart. En effet, seules 0,3 % des perquisitions administratives ont conduit à des mises en examen. Un rendement ridicule au regard des dommages occasionnés pour les personnes soupçonnées, à tort (dont presque aucun signalement n’a été transmis au parquet) et de la dégradation des libertés individuelles, engendrée par cet état d’urgence, désormais permanent.

« Il semble que tous les attentats qui ont pu être déjoués l’aient été grâce au renseignement, pas grâce à l’état d’urgence ».

Le paradoxe va même plus loin. Selon Christine Lazerges : « les services de renseignements n’apprécient pas l’état d’urgence, notamment en cas de perquisition administrative chez un suspect qui, tout d’un coup, est rendu visible. Or, pour prévenir, c’est le renseignement qui est utile ». La président du CNCDH poursuit : « Il semble que tous les attentats qui ont pu être déjoués l’aient été grâce au renseignement, pas grâce à l’état d’urgence ».

À la lumière de tous ces éléments, le sondage Fiducial/Odoxa chiffrant à 57 % le nombre de français favorables à cette nouvelle loi de lutte contre le terrorisme, s’avère aussi curieux qu’inquiétant. Si la prédominance de l’affectif sur la raison pure, dans les débats concernant le terrorisme, explique en partie ce phénomène, l’individualisation grandissante de la société n’y est probablement pas étrangère non plus. De plus en plus repliés sur eux-mêmes, les citoyens du 21e siècle – et les Français n’y font visiblement pas exception- ont, sans doute, tendance à privilégier leur sécurité personnelle au détriment des droits fondamentaux et collectifs, séduis par le discours du « si l’on n’a rien à se reprocher, il n’y a à rien à craindre de l’état d’urgence ».

Une souvenir nous revient, tout en rédigeant ces lignes, celui des palabres, martelés au lendemain des attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre, affirmant que, par ces actes barbares et odieux, les soldats de l’Etat Islamique avaient voulu en découdre avec notre mode de vie et ce goût, si français, pour la liberté. En ce mois de septembre 2017, sous un ciel où se succèdent grisaille morose et froides éclaircies, nous sommes forcés d’admettre que ces zouaves ont plutôt bien réussi leur coup.

Tristan Barra

Sources : Médiapart/Challenges/Le Monde Diplomatique/Assembléenationale.fr/Le Figaro/Le Monde/

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Derrière les chiffres du chômage, la mort de milliers de personnes.

Une étude de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) estime qu’entre 10000 et 14000 décès par an sont imputables au chômage. « C’est un problème de santé publique » déclarait, en mai 2016, Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm, dans le journal Libération. Une cause de mortalité majeure dont le chiffre nous fait osciller entre la nausée et le vertige : 10000 à 14000 décès par an. À titre de comparaison, les accidents de la route emportent 3500 personnes chaque année. On aurait presque tendance à l’oublier, tant elle est analysée et commentée, mais derrière la courbe du chômage se cache une réalité, celle de millions de personnes en détresse.

Des maladies cardiovasculaires

Les raisons de ce taux de mortalité élevé sont multifactorielles et concernent autant la santé mentale que la santé physique. En effet, le non-emploi entraîne un ensemble d’habitudes de vie et de consommation : Le tabagisme, l’alcool, la mauvaise alimentation, la sédentarité, accroissant le risque de contraction de maladies cardiovasculaires. Les chercheurs ont également constaté un risque important de rechute de cancer et invitent les médecins généralistes à considérer les patients en situation de non-emploi comme une population à risque. « Pour les personnes en situation de chômage, le risque d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus est augmenté de 80% au regard des actifs, pour les hommes comme pour les femmes » déclare les chercheurs d’une étude du CESE (Conseil économique social et environnementale).

Le suicide et le chômage, un rapport de cause à effet

Longtemps perçu, sous le prisme du romantisme, comme l’acte individuel par excellence, le suicide entre dans le champ du fait social à la suite de l’étude sociologique d’Emile Durkheim, en 1897. Au terme de ses recherches, Durkheim constate en effet que : « Le taux de suicide varie en raison inverse du degré d’intégration des groupes sociaux dont fait partie l’individu ». Dans le contexte de boom économique et de plein emploi propre à cette époque, le rapprochement entre chômage et suicide n’avait pas lieu d’être.

Un siècle plus tard, la conjoncture est tout autre. La crise économique de 2008 entraîne un grand nombre de licenciements, dans un même temps, on constate une augmentation du taux de suicide. Une autre étude de l’Inserm est, à ce propos, très parlante et permet de se faire une idée précise de cette triste corrélation. Dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire du 6 janvier 2015, les chercheurs en arrivent à cette conclusion : quand le taux de chômage grimpe de 10 %, celui du suicide, lui, augmente de 1,5 %. L’Inserm estime donc que la hausse du chômage, relative à la crise qui a frappé la France de 2008 à 2010, a entraîné 548 suicides. L’institut de recherche explique que : « Par ailleurs, le contexte plus global de crise économique, caractérisé entre autre par une morosité et des perspectives à la baisse sur le marché du travail peut aussi être à l’origine de craintes de pertes d’emploi et donc de crises psychiques à l’origine de suicides ».

Emile Durkeheim – marxists.org

La stigmatisation, au cœur de ce fléau

C’est un leitmotiv aussi récurrent que délétère, le chômeur est un assisté qui profite de la providence de la France, cet Etat candidement magnanime. Résultat de cette désinformation politique, le chômeur est montré du doigt, considéré comme responsable de sa situation. Pour Gilles de Labarre, président de Solidarités nouvelles, cette stigmatisation des chômeurs est « une double peine » infligée à ces personnes souffrant déjà d’une situation économique difficile, mais qui, non content de devoir compter leurs sous au centime près, se voient juger sans concessions sur la place publique.

Ginette Herman, psychologue spécialisée dans la psychologie sociale, analyse dans son ouvrage Travail, chômage et stigmatisation, les conséquences de ce procès d’intention. Elle y affirme que le non-emploi entraîne de l’anxiété, une baisse de l’estime de soi et de la satisfaction. Elle met également en lien ces troubles psychiques avec le regard d’autrui. La psychologue belge estime ainsi que la stigmatisation du groupe sur l’individu se répercute sur l’image que l’individu se constitue de lui-même, faisant naître alors un sentiment d’auto-stigmatisation.

Un effet pervers

On reproche régulièrement aux personnes sans emploi de ne pas faire les efforts nécessaires pour améliorer leurs situations, mais le problème réside justement dans cette situation de non-emploi. Avec tous les troubles psychologiques qu’elle entraîne, la situation de non-emploi diminue les possibilités pour l’individu de retrouver un travail. En effet, différentes études soulignent que le chômage, en longue durée, ébranle la motivation et l’envie d’entreprendre. Les capacités cognitives, elles, s’en trouvent grandement altérées et le chercheur d’emploi rencontrera des difficultés à adopter l’attitude adéquate face à un employeur. En somme, plus une personne est au chômage, plus elle souffre psychologiquement et plus cette souffrance psychologique est vive, plus les chances de retrouver un emploi s’amoindrissent ; au bout de ce labyrinthe sans issue, le suicide s’impose pour mettre un terme à ce jeu de dupes absurde.

A la lumière de ces éléments, il sera important de suivre avec attention la future réforme du chômage prévu par le gouvernement pour le mois de septembre. Le chômage n’est pas qu’un sujet de plus visant à alimenter les débats de coin de table, il est un fait de société causant souffrance, divorces, destruction familiale, précarité et parfois la mort. Espérons que cette réalité, aussi sordide soit-elle, influence les technocrates du gouvernement lorsque l’heure viendra pour eux d’apposer leurs seings au bas d’une loi qui déterminera le sors de six millions de personnes, car nous pouvons l’affirmer sans trembler des jambes : là où il passe, le chômage tue.

Tristan Barra

 

Clara Leon, « Madrid se Merece a Manuela », 2015

Manuela Carmena : une élue au service du peuple

    Installant la première femme au poste le plus important de la mairie de Madrid, l’élection de Manuela Carmena, le 13 juin 2015, a mis fin à un règne sans partage du PP (Parti populaire) long de vingt-six printemps. En plus de placer le citoyen au cœur de ses préoccupations, cette ancienne retraitée de soixante-treize ans réinvente la fonction de maire avec un style sobre et une implication politique en faveur des plus démunis.


Le parcours politique de Manuela Carmena commence en 1965. Elle adhère alors au Parti communiste espagnol, à l’époque interdit. La jeune femme n’en embrasse pas l’idéologie : « J’ai fait un pacte avec moi-même, j’adhère au parti communiste mais je ne suis pas communiste, je n’ai jamais voulu appartenir à personne, je me sens libre » confie-t-elle au journaliste d’Arte. Au même moment, elle décroche une licence de droit et choisit de défendre les intérêts des travailleurs et des détenus sous la dictature franquiste. Cette juriste de vingt-et-un ans montre ainsi déjà tout son courage et le désir de justice qui caractérisera son mandat à la mairie de Madrid, cinquante ans plus tard.

Après une défaite aux élections législatives de 1977, les premières depuis la chute du général Franco, elle se lance dans une carrière de juge et officie plus spécialement dans la lutte contre la corruption.Progressivement, elle monte les différents échelons pour terminer au poste de doyenne des juges de Madrid. Elle prend sa retraite en 2010 mais demeure très active en participant notamment au mouvement contestataire des Indignés sur la Puerta del Sol. C’est en 2015, sous la pression de ses camarades, qu’elle accepte, presque à contrecœur, de se présenter aux élections municipales, élections qu’elle remporte face à la candidate du Parti Populaire, Esperanza Aguirre. Commence alors pour cette ancienne retraitée une nouvelle vie qu’elle placera sous le signe du devoir citoyen.

Une élue à l’écoute

Très vite, son style tranche avec celui de ses prédécesseurs. La première mesure de la maire fraîchement élue : baisser son salaire de 55% ainsi que le nombre de voitures de fonction. En effet, señora Carmena n’a pas besoin d’une armée d’automobiles suréquipées, l’ancienne juge utilise les transports publics, bus et métro, comme elle le faisait avant son mandat, quand elle était une simple citoyenne au milieu de la foule. De même, pour les repas, n’espérez pas croiser l’élue dans les restaurants huppés de la capitale espagnole, madame les prend dans son bureau, à la mairie, en compagnie de son équipe. Les mauvaises langues parleront d’un coup de communication, mais celle qui se considère comme «une femme politique occasionnelle » exerce le pouvoir comme elle régit sa vie, avec franchise et sobriété.

Désireuse de garder le contact avec les Madrilènes, elle se rend tous les mois dans les quartiers populaires afin de rencontrer les habitants. Après le tour d’une école, d’une crèche ou d’une association, selon les obligations de l’agenda, elle se rend à la mairie de quartier afin de discuter de la politique municipale avec les citoyens. Tous peuvent alors lui partager leurs craintes ou leurs désirs. Une manière, pour l’ancienne juge d’application des peines, de faire participer le peuple à la politique de sa ville, elle qui considère la démocratie représentative comme limitée : « lorsqu’une personne est représentée par une autre, cela indique une certaine « faiblesse » du représenté. À force de rabâcher que la politique est un sujet difficile, on laisse les citoyens croire que d’autres sont plus qualifiés qu’eux pour régler leurs problèmes » déclarait-elle à Télérama. Un exercice du mandat aux antipodes des tendances en vogue dans les grandes capitales européennes.

Le social au cœur des préoccupations

Après la crise économique de 2008, l’Espagne essuie une crise du logement sans précédent. Une vague d’expulsions frappe alors les plus pauvres, laissant des milliers de familles sans domicile. La politique de relogement sera l’une des promesses phares de la candidate d’Ahora Madrid. Une fois élue, Manuela Carmena réussit à récupérer les logements vacants après des négociations intensives auprès des principales banques du pays. Le relogement est aujourd’hui en bonne voie, malgré les problèmes d’occupations illégales qui entravent encore la pleine réussite du projet. La maire de Madrid prévoit également la construction d’habitas sociaux, projet au combien important dans une ville qui abrite 16% de chômeurs pour trois millions d’habitants et qui, de plus, demeure la capitale européenne la moins bien équipée dans ce secteur immobilier.

Sur le plan écologique aussi, l’ex juge ambitionne de faire bouger sa ville. De passage à Paris, en marge de la conférence sur le climat, elle déclarait au journal Libération, le 4 décembre 2015, vouloir « repeindre Madrid en vert ». Pour ce faire, elle compte sur un développement des jardins partagés, une promotion des moyens de transport alternatifs et sur une interdiction des véhicules polluants dans le centre-ville. Durant son mandat, elle souhaite investir pas moins d’un million d’euros dans l’écologie. L’heure n’est pas encore au bilan et la route est encore longue pour celle qui avoue compter les jours avant de retrouver sa retraite tranquille. Force est d’admettre cependant qu’une politique écologique et sociale n’est pas nécessairement le gouffre financier que les économistes télévisuels nous promettent systématiquement. La mairie de Madrid à d’ailleurs réalisé une économie de près d’un milliard d’euros depuis la prise de fonction de sa nouvelle locatrice, un chiffre record qui devrait chatouiller les méninges des plus sceptiques.

Quand on l’interroge sur ses ambitions politiques, Manuela Carmena répond qu’elle n’en a pas. L’exercice de son mandat est un épisode de sa vie, il n’appelle à rien d’autre qu’à lui-même. Dans l’interview accordée à Télérama, l’ex magistrate s’indigne contre la politique de parti qui est à l’œuvre dans l’ensemble des démocraties du monde et n’épargne pas celui de Pablo Iglesias, soutient pourtant crucial dans son accession à la mairie de Madrid : «  Ce parti a désormais la même structure formelle que n’importe quel autre. Podemos aurait dû rester un mouvement, et ne jamais devenir un parti. Les partis finissent par vous broyer. » Plus qu’une façon de diriger un pays ou qu’une orientation idéologique c’est une véritable réflexion sur le système des démocraties occidentales que le mandat de cette ovni politique, issu de la société civile, nous invite à faire.

En remettant la notion de citoyenneté au cœur de son engagement, Manuela Carmena n’a-t-elle pas simplement débarrassée la fonction d’élu du folklore médiatique qui l’entoure partout ailleurs, de ces guerres de pouvoirs et de ces affaires de corruptions répétées ? N’est-elle pas un symbole de ce qu’est la démocratie ? Le pouvoir pour le peuple avec l’intérêt commun comme seule priorité. A l’heure où Podemos continu de s’embourber dans des oppositions internes, devenant inexorablement un parti comme un autre, la maire de la capitale espagnole nous montre que les plaintes des indignés, réclamant une politique différente, criant sur la Puerta del Sol un jour de mai 2011, ne se sont pas bêtement perdues dans le ciel brûlant de la Castille. Puissent-elles, un jour, venir résonner dans les oreilles de nos élus.

Tristan Bara
Oeuvre d’en-tête : Clara Leon, « Madrid se Merece a Manuela », 2015

L’état, la limite entre social traître et fasciste bientôt franchie ?

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Alors qu’il y a peu de temps paraissait le classement de Reporters sans frontières, la France avait, à nouveau, reculé dans le classement pour se retrouver à la 45è place. Aujourd’hui nous pouvons nous demander que fait ce pays liberticide aussi bien classé ?! Car oui la France l’a encore prouvé ces derniers jours, elle a fait de cet état de droit un état policier par le biais de l’état d’urgence. Ce dispositif qui a été mis en place pour combattre le terrorisme est aujourd’hui utilisé plus à des fins politiques. Car si nous avions déjà pu constater les dérives de cet état d’urgence l’année dernière pendant la COP21, cette année la mascarade est repartie de plus belle. En effet, les interdictions de séjours qui visent à priver les personnes de manifester se sont multipliées et cela jusqu’à un journaliste. Un photoreporter, NnoMan a été victime de cette violence d’état, il a dans un premier temps été interdit d’exercer son métier, puis a réussi à faire retirer cette ignominie !

C’est aujourd’hui une évidence, par ce procédé l’état aspire à faire taire les images qui dérangent, aspire a empêcher les preuves qui discréditent le discours officiel, tout bonnement l’état aspire à faire taire la vérité.
Mais malheureusement NnoMan n’est pas le seul, ils sont nombreux a être interdits de séjours dans les centres villes de Nantes ou de Paris, c’est pas moins de 25 citoyens qui ont été privés de leur droit fondamental à la manifestation. Et les raisons indiquées sont vraiment vraiment très farfelues. En effet, ces gens qui sont interdits de séjour dans le centre ville en ce jour l’ont été parce qu’ils étaient présents sur des manifestations contre les violences policières et/ou contre la loi travail, que ces manifestations ont d’après leurs dires dégénérés en troubles graves à l’ordre public, que des groupes casqués et masqués créerais ces débordements. Et du coup, comme ils y étaient, il suffit qu’ils aient à un moment sorti un masque anti-poussière pour se protéger des gaz lacrymogène, il y a tout lieu de penser qu’ils font partis de ces groupes qui se révoltent. Assez bizarre comme raisonnement, moi qui fait beaucoup de manifs et qui me couvre la bouche et le nez quand ça gaze, dois-je avoir peur ?

A Nantes, un jeune homme bien connu des services de police a lui aussi été privé de ses liberté, les raisons sont aussi troubles. Et si je dis bien connu des services de polices c’est parce que ce jeune homme est la première victime grave des LBD40, en effet il a perdu l’usage de son œil à cause d’un tir de flashball, mais bon ça ne doit pas être trop grave vu que le policier qui a tiré et celui qui en a donné l’ordre n’ont absolument pas été inquiétés par la justice et officient toujours. L’interdiction de séjour de ce militant survient bizarrement quelques jours après la publication de son livre l’arme à l’œil qui dénonce les violences policières. On remarquera que comme terroriste on a fait pire ces derniers temps.

C’est beau ce que permet l’état d’urgence, priver de liberté des opposants politiques parce que… bah c’est des opposants politiques !

Nous pouvons donc le voir, la justice, c’est deux poids deux mesures, les militants à la maison, alors que des policiers mutilent des jeunes gens et ne sont pas inquiétés. Quand on voit qu’à Nantes un jeune de 18 ans est inculpé pour tentative d’homicide, pour quoi ?! Pour avoir fait un croche-patte à un CRS, il a fait chuter un homme qui est protégé comme un robot et il est accusé de tentative d’homicide, de l’autre coté le gendarme qui a lancé la grenade qui a tué Rémi Fraisse à Sivens ne sera même pas jugé ce n’est qu’un simple témoin. Le monde marche sur la tête et après on s’étonne que le peuple se révolte on s’étonne que les jeunes ne veulent plus de cette société, on s’étonne que ça dégénère ! Mais si l’état continue petit à petit de nous priver de nos libertés qu’il ne s’étonne pas si un jour on va vouloir les reprendre !

Je veux vivre

Je veux vivre.
« Je » c’est moi, Florie, « elle », ou peut-être « il », et pourquoi pas « yelle ».
« Je » c’est nous, toi, moi, les autres. L’humanité ? Pourquoi pas.

Aujourd’hui j’arrive à un moment clé de mon existence. Dix-neuf ans et cinq mois. Bel âge ! Pas encore la vingtaine mais plus du tout la dizaine.
Je suis à la fac, j’ai une famille aisée, un travail alimentaire qui me plait et que je considère à peine comme tel. Des amis, beaucoup d’amis, du temps libre et beaucoup d’envies.
Pourtant je ne suis pas heureuse. Non.
Pourtant je suis seule. Terriblement.
Pourtant je ne vois pas demain. C’est aujourd’hui.
Je me tue à arrêter de penser à moi. Je fais la fête, je vis ma vie à mille à l’heure pour ne plus voir à quel point je suis perdue.

(suite…)

Finalement un bien triste jour

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Aujourd’hui je me dis que je vais encore vous tenir la grappe avec le mouvement contre la loi travail et avec la manifestation de ce jeudi qui partira

Je me lève donc paisiblement avec l’envie d’écouter Brel, je commence donc cette belle journée sous la joie d’un merveilleux « Les bourgeois c’est comme les cochons », mais sous ce merveilleux soleil déjà levé voilà pas que je tombe des nues, quatre jours après l’arrestation d’Abdeslam Salah à Molenbeek, ces enfoirés sont passé à l’acte avec des attentats suicides à Bruxelles dans l’aéroport et le métro. Voilà ces enculés m’ont gâché m’ont réveil en douceur, moi qui m’était motivé à bosser ma dissertation, je me retrouve à épier chaque article qui passe sur le sujet.

Alors que l’horreur terroriste frappe encore, chez nos voisins belges cette fois, les relents vomitifs de haine commencent à jaillir de la bouche putride de certains êtres ignobles et de certains journaleux dégueulasses.

Juste avant d’écrire ces quelques mots j’écoute l’édition spéciale de RMC avec Eric Brunet. Bon quand on regarde le pedigree du bonhomme on sais tout de suite ce qui va être dit ou presque. En effet l’homme a à son actif un bouquin nommé « Être un journaliste de droite a été un vrai calvaire » il a aussi une émission sur BFM TV en plus de celle sur RMC, celle-ci il la présente un soir sur deux et elle se nomme « Direct de droite ». L’émission carrément Brunet qui avait laissé sa place à l’émission spéciale à quand à elle eu le droit à des mises en demeure et une mise en garde pour propos portant atteinte à la dignité de la personne humaine.

Bon maintenant que le portrait est planté venons au propos de cet ex-détenteurs de la carte de presse.Dans un premier temps il pousse à l’amalgame en insistant à chaque fois sur la cause des réfugiés, car oui nous devons pas nous occuper d’eux et surtout c’est grâce à eux que Salah et ses copains ont réussi à franchir les frontières. Selon lui il faudrait également ficher tout les humains, et il ne comprend pas ce qu’il y a de dérangeant à cela ! bah oui ce serait bien plus simple, et puis tant qu’on y est pourquoi pas mettre des puces tout le monde comme un joli troupeau de mouton on déjà tellement calqué notre société sur leur mode de vie.

Heureusement un ancien militaire est venu s’intégrer au débat et à rappeler la première raison pour laquelle cette proposition est totalement incongrue, stupide et impossible : nous sommes encore en démocratie.

Alors d’accord ces derniers temps nous pouvons nous poser des questions sur cette démocratie quand on voit les répressions policières qu’ont pu subir les manifestants et plus particulièrement les étudiants ces derniers temps. Prenons juste l’exemple de Tolbiac, pour une petite centaine d’étudiants se réunissant en amphi pour procéder à une AG, les forces de l’ordre sont arrivées par centaines. Les CRS qui étaient plus de 250 ont chargé sans sommation, de jeunes personnes se sont retrouvées en sang le crane ouvert.

Alors monsieur Brunet je vous demanderais très poliment de vous taire parce que quand vous faites en sorte de créer un état policier et totalitaire, des centaines de milliers de français font tout pour retrouver ses libertés qu’on lui arrache de plus en plus chaque jour !

Chronique d’un procrastinateur #1

Bien le bonjour à toi qui me lis,si tu ne sais pas encore ce qu’est un procrastinateur, je tiens à te dire que tu en es peut-être un toi même. Je vais donc commencer par me décrire. Qu’est-ce qu’un procrastinateur ? Et bien c’est vrai que c’est une bonne question, pour faire simple, je ne me suis pas trop épuisé et j’ai pioché ce que j’ai pu trouver en premier : « Le retardataire chronique, appelé procrastinateur, n’arrive pas à se mettre au travail, surtout lorsque cela ne lui procure pas de satisfaction immédiate. » Pour faire plus simple la procrastination est une tendance à remettre tout au lendemain. Comme ça vous êtes fixés, ici je vous proposerai des articles qui ont été commencé un jour, fini un autre, et uniquement (ou quasiment) sur des sujets qui m’intéressent. D’ailleurs trêves de bavardages c’est le moment de commencer.

(suite…)