Politique

Le FMI critique l’économie libérale

Des récents rapports illustrent l’inclination nouvelle du FMI à remettre en cause l’efficacité des politiques économiques en vogue à travers le monde. Austérité, libre circulation des capitaux, défiscalisation des hauts revenus, l’institution basée à Washington nous alerte sur ces mesures aux conséquences dangereuses et dont les bienfaits pour la croissance demeurent incertains.

Les débuts de cette nouvelle ère sous les foudres de Jupiter se sont traduit pas une volonté de frapper vite et fort. Emmanuel Macron, souhaitant ardemment stimuler l’économie afin de relancer la croissance, après la flexibilisation du marché du travail et la suppression de l’ISF, a pour prochaine ambition d’assainir les dépenses publiques par le biais d’un large plan de transformation visant à réaliser 80 milliards d’euros d’économie d’ici 2022. Si les impacts positifs de la flexibilisation du marché du travail sur l’emploi furent relégués au rang des folles chimères par nombre de commentateurs, les réformes de l’ISF et de la fonction publique devraient, quant à elles, favoriser l’économie française à en croire le gouvernement. Or, c’est un tout autre son de cloche que les récents rapports du FMI (fond monétaire internationale) donnent à entendre. Les bénéfices de telles mesures sur la croissance y sont sujets à caution et c’est une réalité bien différente de celle à laquelle les grands dirigeants disent se plier qui nous est dépeinte.

Taxer les hauts revenus, un bienfait pour la croissance

Le dernier rapport en date résonne presque comme une contre-indication à la politique du chef de l’Etat. La suppression de l’ISF, entériné par les députés la semaine dernière et ayant grandement participé à affubler Emmanuel Macron du pseudonyme de « président des riches » serait l’erreur à ne pas commettre, selon le FMI. Dans ce rapport, les économistes de Washington assurent que : « La théorie de la fiscalité optimale recommande des taux marginaux d’imposition nettement plus élevés que les taux actuels, qui ont tendance à diminuer, pour ceux qui perçoivent les plus hauts revenus » avant de continuer plus loin : « Par conséquent, les pays développés ont peut-être la possibilité de relever les taux marginaux d’imposition supérieurs sans entraver la croissance économique ». Un conseil qui va à l’encontre du pragmatisme présidentiel, affirmant d’une part, que la France est un pays qui taxe trop ses « premiers de cordée », et, d’autre part, qu’une telle fiscalité serait néfaste pour la croissance.

Quand on allège la fiscalité sur les hauts revenus, les foyers les plus riches voient leur salaire augmenter tandis que l’Etat, lui, s’assoit sur une somme d’argent non négligeable ; somme ne pouvant, dès lors, plus contribuer à venir en aide aux moins fortunés, augmentant ainsi le risque de voir les inégalités se creuser un peu plus. Or, le rapport du FMI le souligne : « Si certaines inégalités sont inéluctables dans un système économique fondé sur le jeu du marché, des inégalités trop fortes peuvent fragiliser la cohésion sociale, créer des clivages politiques et, à terme, freiner la croissance économique ». Quelle-est la différence entre l’argent que l’on offre aux plus aisés et celui que l’on offre aux plus pauvres ? Les premiers épargnent et placent leur argent, parfois à l’étranger, quand les seconds, eux, dépensent et font vivre l’économie directe du pays.

Un constat qui soulève certaines interrogations quant à la pertinence des mesures fiscales adoptées depuis plusieurs décennies par les gouvernements successifs, mesures visant à alléger toujours un peu plus les taxes sur les revenus les plus élevés au nom de la croissance et de l’attractivité. L’OCDE note, pour sa part, une diminution progressive de la fiscalité sur les hauts revenus à partir des années 80, passant d’une moyenne de 62 % en 1981, à 35 % en 2015. Une aubaine pour les foyers aisés à travers le monde, dont les fortunes ne cessent d’exploser au détriment du reste de la population.

22709643_10214511501922979_1241972731_n.jpg

« Moi, je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire « ceux qui réussissent, on va les taxer, les massacrer » » confiait le chef de l’Etat, dimanche dernier, dans un entretient exclusif retransmis sur TF1. Nous passerons sur cette étrange rhétorique, assimilant « taxer » et « massacrer » pour souligner que, force est d’admettre, à la lumière des rapports du FMI, que la taxation de « ceux qui réussissent » relève davantage du bon sens que d’une quelconque jalousie gauloise, n’en déplaise aux sceptiques.

La libre circulation des capitaux, une arme à double tranchant

La libre circulation des capitaux est l’un des principes majeurs de l’économie libérale. Dans un article publié en juin 2016, titré : « Le néolibéralisme est-il surfait ? » trois économistes du FMI, Jonathan D. Ostry, Prakash Loungani et Davide Furceri, analysent les risques liés à ce phénomène. Si le trio d’experts ne rejette pas ce principe tout de go, soulignant l’effet bénéfique de la libre circulation de capitaux sur l’économie des pays en voie de développement, ils constatent néanmoins que cette libre circulation augmente les risques de crises économiques. En effet, sur 150 épisodes d’entrées massives de capitaux dans 53 pays émergents, 20 % ont conduit à des baisses de production, entraînant des crises économiques. Si l’ouverture financière ne constitue pas un risque de crack boursier à lui seul, il n’en demeure pas moins un élément constitutif. La libre circulation des capitaux permettrait donc de réduire les inégalités à l’échelle mondiale mais tout en fragilisant l’ensemble de l’échiquier financier.

C’est sans doute le revirement de cap le plus spectaculaire de l’institution présidée par Christine Lagarde. Après avoir préconisé l’austérité pour la Grèce lors de la crise de 2008, le FMI, porte huit ans après, un tout autre regard sur cette mesure économique. L’austérité serait une entrave pour la croissance d’un pays, freinant la consommation des ménages par la diminution des aides sociales ; augmentant le nombre de chômeurs en raison d’une réduction des effectifs dans la fonction publique ; diminuant, enfin, les revenus de l’Etat par la privatisation de divers secteurs d’activité. Conjugués ensemble, ces éléments donnent un cocktail amer et détonant. Tout le monde le sait, les lendemains de fête, ce sont les mauvais mélanges qui offrent les plus vilaines gueule de bois.

L’austérité n’est pas la panacée

L’austérité est une politique à court-termiste se souciant davantage du remboursement de la dette dans un temps restreint que de la relance réelle du pays. Une nette corrélation est par ailleurs chiffrée par les économistes du FMI, entre réductions des dépenses publiques et augmentations du chômage : « les épisodes d’assainissement budgétaire se sont plutôt traduits par des chutes que par des hausses de la production. En moyenne, un rééquilibrage de 1 % du PIB relève le taux de chômage à long terme de 0,6 point ». L’institution de Washington préconise un remboursement de la dette grâce à l’augmentation naturelle de la croissance plutôt que par un gain artificiel obtenu en serrant la ceinture du pays tout entier.

22635376_10214511499962930_1294427555_n.jpg

Un constat qui a l’allure d’un mea culpa de la part de l’institution internationale. En effet, lors de la crise de 2008, elle préconisa, elle aussi, l’austérité pour sauver la Grèce de la faillite. Tandis que certains spécialistes proposaient une relance de l’économie grecque par l’augmentation des dépenses publiques, tablant sur un effet multiplicateur du retour sur investissement par une consommation croissante (selon le principe de l’économiste John Keynes) le FMI fit un calcul tronqué de ce taux multiplicateur, le chiffrant en dessous de 1, seuil minimal pour que cette opération fonctionne. C’est en partie ce calcul qui a validé la mise en place d’une politique d’austérité – en partie seulement, car le lobbying des grandes banques ainsi que la pression exercée par la chancelière allemande Angela Merkel y ont contribué pour beaucoup, comme le révélait l’ancien ministre de l’économie Grec, Yanis Varoufakis à l’hebdomadaire Marianne. Nous savons aujourd’hui –et le FMI lui-même le reconnait- que le taux de l’effet multiplicateur aurait pu être deux à cinq fois supérieure que celui calculé du côté de Washington. Nous connaissons tous les conséquences de cet arbitrage dans lequel le peuple grec n’a jamais eu son mot à dire : en 2015, le taux de pauvreté atteignait 46 % en Grèce.

Bien sûr, nombre de spécialistes n’avaient pas attendu le réveil du FMI pour dresser le même constat, mais cette prise de conscience du côté de Washington est un signal fort envoyé à l’ensemble des institutions européennes dans l’optique de, peut-être, freiner un peu cette course folle prônant toujours plus de marché pour toujours moins de contrainte.

Difficile, avec ces informations à l’esprit, de ne pas rire en écoutant le président s’autoproclamer chef de file des pragmatiques, n’obéissant qu’à la seule réalité du terrain, tandis que des études soulignent le caractère contre-productif de ses réformes. Difficile aussi d’entendre inlassablement que ce sont les pauvres gens touchant de généreuses aides mirobolantes, atteignant parfois même la moitié d’un SMIC, rendez-vous compte, qui sont les seuls responsables de tous les maux. Difficile enfin, de ne pas froncer les sourcils en écoutant Christophe Barbier et consorts, nous marteler que le monde marche dans le bon sens en brandissant habilement des chiffres devenus aujourd’hui des preuves aussi irréfutables que de saintes paroles. Mais nous ne sommes pas dupes de ces courbes, de ces sondages, et de cette mascarade.  « Si les chiffres ne mentent pas, les menteurs adorent les chiffres », glissait l’écrivain américain Mark Twain. Les temps qui courent nous prouvent, aujourd’hui, que cette sentence est d’or.

Tristan Barra

Publicités

Vers un état d’urgence permanent

Le projet de loi visant à faire entrer les mesures de l’état d’urgence dans le droit commun et ce, malgré l’efficacité toute relative de cet état d’exception, était discuté cette semaine dans l’hémicycle. Nombreux sont les juristes et les associations de défense des droits de l’homme qui s’inquiètent des conséquences d’une telle loi sur les libertés fondamentales des citoyens français.

« La sécurité est la première des libertés ». Ce slogan, sentant plus le sophisme bon marché que la maxime universelle, trouve un écho tout particulier en cette dernière semaine de septembre. Terminée l’attitude, très macronienne, du « ni pour, ni contre, bien au contraire. » Le candidat, devenu président, avance bille en tête, sans tendre l’oreille aux hostilités qui accompagnent chacune de ses réformes. Cette loi antiterrorisme n’échappera pas à la règle. Les sirènes d’alerte ont beau retentir, d’Amnesty internationale à la ligue des droits de l’homme, depuis le mois de juin, le gouvernement s’active à rédiger un texte permettant la sortie de l’état d’urgence, mesure enclenchée en 2015, à la suite des attentats du 13 novembre.

Pour ce faire, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, entend tout bonnement entrer quatre mesures de cet état d’exception dans le droit commun. Juristes et associations s’indignent à l’unisson contre une nouvelle dérive sécuritaire quand, au contraire, l’ancien maire de Lyon défend un projet nécessaire et « musclé ». Mettre fin à l’état d’urgence en instaurant un état d’urgence permanent, voilà un raisonnement à vous laisser pantois. Quelles peuvent-être les conséquences d’un tel scénario ?

Perquisitions, assignations à résidence et périmètres de protection

Que les amoureux de la novlangue macronienne se réjouissent, même concernant la lutte contre le terrorisme, le gouvernement sait habilement choisir ses mots. Ainsi, on ne parlera désormais plus de perquisitions administratives mais de « visites domiciliaires » (selon le texte de l’Assemblée nationale). Si le terme a, au premier abord, quelque chose de presque romantique, la réalité qu’il désigne l’est nettement moins. Sur la base du seul soupçon, le ministre, le préfet ou le juge des libertés et de la détention, pourra ordonner la fouille d’un domicile et réclamer au terroriste présumé, ses codes et ses identifiants Internet.

Concernant l’assignation à résidence, Gérard Collomb à lâché du lest. En effet, le ministre de l’Intérieur a limité le périmètre minimal de cette assignation à la taille d’une commune, afin de permettre au suspect de continuer à exercer une vie professionnelle et familiale. Seront proposés, au choix, le port d’un bracelet électronique ou des pointages au commissariat qui devront être effectués sept fois par semaine et ce, en dépit d’une contre-proposition du Sénat visant à restreindre ce nombre à trois ; proposition évidemment balayée d’un revers de la main par l’Assemblée nationale, en parfaite intelligence avec un ministre de l’Intérieur, aussi rigoureux sur le plan sécuritaire que sa réputation le laisse entendre.

Autre mesure controversée, le droit de mettre en place « une zone de protection » lors de rassemblements, selon l’appréciation du préfet. Dans ce périmètre défini, la police pourra effectuer des contrôles aléatoires, fouiller les bagages et vérifier les identités. Les limites de ce périmètre de sécurité seront fixées par le préfet lui-même qui pourra également ordonner la fermeture de lieux de culte, susceptibles de promouvoir le terrorisme.

Une loi discriminante

Fondé sur le soupçon plutôt que sur la constatation de délits avérés, ce projet de loi risque d’exacerber, un peu plus encore, le sentiment de stigmatisation pour une partie de la population. Avec l’entrée en vigueur de ce texte, un musulman, en France, sera étiqueté « terroriste potentiel », bien plus que tout autre citoyen de l’hexagone. Malgré le lien manifeste entre radicalisation et stigmatisation, ce projet de loi nage à contre-courant en instaurant, implicitement, une population à risque. Depuis la mise en place de l’état d’urgence, 6 000 perquisitions administratives ont été autorisées, pour seulement 20 mises en examens. Des chiffres qui interrogent sur la pertinence des informations validant ces visites domiciliaires, et qui mettent en exergue le caractère profondément arbitraire de ces décisions.

Gérard Collomb promet que, contrairement à l’état d’urgence version François Hollande, ces nouvelles mesures cibleront les cas de « terrorisme ». Le floue demeure néanmoins sur l’utilisation qui pourrait être faite de cette arme sécuritaire sur le long terme. Le mot « terrorisme » est une notion à la sémantique assez vague, regroupant un « Ensemble d’actes de violences commis par une organisation ou un individu pour créer un climat d’insécurité » nous dit le Larousse. Les militants d’extrême gauche et d’extrême droite pourraient, entre autres, être concernés par ce projet de loi. C’est en tout cas l’analyse de Patrice Ribeiro, responsable du syndicat Synergie-Officiers, qui déclarait au journal Le Figaro : « dans le cadre de la terminologie d’une loi antiterroriste, […] ce qui est en cause, c’est bien la montée des radicalités ».

Si cet état d’urgence banalisé s’immisce dans le droit commun, nous sommes en droit de nous demander quelle utilisation en sera faite, dans plusieurs années, lorsque l’islamisme radical ne sera plus une source de terreur. Quelles seront, alors, les cibles susceptibles de se voir attribuer l’embarrassant sobriquet de « terroriste » ?

Un recul de l’état de droit


L’état d’urgence est une législation d’exception qui fût promulguée en 1955, dans un contexte d’extrême tension entre la France et le FLN (Front de libération nationale). À l’époque, le texte cristallise les oppositions. Raymond Guyot, député communiste, l’assimilait à « un projet de loi fasciste » permettant aux préfets d’obtenir un pouvoir proche de celui des dictateurs. Le caractère temporaire de cette mesure était alors mis en avant pour faire taire les oppositions.

Avec un tel passif, on comprend mieux les inquiétudes de Christine Lazerges, présidente du CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’Homme), qui, dans une interview accordée à Médiapart, considérait ce texte comme : « une grave régression de l’état de droit ». Faisant entrer dans le droit commun des mesures d’exception, cette loi banalise des règles allant à l’encontre des libertés fondamentales. Concernant La mise en place de périmètre de sécurité, on reste sceptique quant à l’utilisation abusive qui pourrait en être faite, notamment lors des mouvements de protestation sociale.

Raphaël Kempf fustige pour sa part une « loi des suspects ». À travers une tribune, publiée dans l’hebdomadaire Le Monde Diplomatique, cet avocat du barreau de Paris dénonce un texte qui va à l’encontre du principe de présomption d’innocence, principe pourtant cher à nos politiques quand ce sont leurs mains qui sont prises dans le pot de confiture. François Sureau, avocat victorieux de trois questions prioritaires de sécurité, considère, pour sa part, que ce projet de loi renverse la philosophie du droit en mettant à mal deux principes fondateurs : « Le premier de ces grands principes est que la liberté est la règle et la restriction de police l’exception. Le second est qu’on ne peut être privé de sa liberté que par la décision de quelqu’un d’indépendant au gouvernement. »

Faisant de tout citoyen un coupable potentiel, et autorisant le gouvernement à priver ce citoyen de sa liberté, le texte proposé par Gérard Collomb met en péril ces deux grands principes qui dictent la philosophie juridique actuelle.

Une efficacité relativement nulle

C’est, sans doute, le fait le plus consternant de toute cette affaire : « l’état d’urgence, tout le monde le sait, ne sert à rien, passé les premiers jours, en matière de lutte contre le terrorisme » glisse François Sureau aux journalistes de Médiapart. En effet, seules 0,3 % des perquisitions administratives ont conduit à des mises en examen. Un rendement ridicule au regard des dommages occasionnés pour les personnes soupçonnées, à tort (dont presque aucun signalement n’a été transmis au parquet) et de la dégradation des libertés individuelles, engendrée par cet état d’urgence, désormais permanent.

« Il semble que tous les attentats qui ont pu être déjoués l’aient été grâce au renseignement, pas grâce à l’état d’urgence ».

Le paradoxe va même plus loin. Selon Christine Lazerges : « les services de renseignements n’apprécient pas l’état d’urgence, notamment en cas de perquisition administrative chez un suspect qui, tout d’un coup, est rendu visible. Or, pour prévenir, c’est le renseignement qui est utile ». La président du CNCDH poursuit : « Il semble que tous les attentats qui ont pu être déjoués l’aient été grâce au renseignement, pas grâce à l’état d’urgence ».

À la lumière de tous ces éléments, le sondage Fiducial/Odoxa chiffrant à 57 % le nombre de français favorables à cette nouvelle loi de lutte contre le terrorisme, s’avère aussi curieux qu’inquiétant. Si la prédominance de l’affectif sur la raison pure, dans les débats concernant le terrorisme, explique en partie ce phénomène, l’individualisation grandissante de la société n’y est probablement pas étrangère non plus. De plus en plus repliés sur eux-mêmes, les citoyens du 21e siècle – et les Français n’y font visiblement pas exception- ont, sans doute, tendance à privilégier leur sécurité personnelle au détriment des droits fondamentaux et collectifs, séduis par le discours du « si l’on n’a rien à se reprocher, il n’y a à rien à craindre de l’état d’urgence ».

Une souvenir nous revient, tout en rédigeant ces lignes, celui des palabres, martelés au lendemain des attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre, affirmant que, par ces actes barbares et odieux, les soldats de l’Etat Islamique avaient voulu en découdre avec notre mode de vie et ce goût, si français, pour la liberté. En ce mois de septembre 2017, sous un ciel où se succèdent grisaille morose et froides éclaircies, nous sommes forcés d’admettre que ces zouaves ont plutôt bien réussi leur coup.

Tristan Barra

Sources : Médiapart/Challenges/Le Monde Diplomatique/Assembléenationale.fr/Le Figaro/Le Monde/

Éradiquons la vérole solférinienne !

Pour écouter la chronique cliquez : ICI

Bonjour. Aujourd’hui, c’est fatigué et après une semaine de maladie et de révisions que je viens vous faire mon coup de gueule. Pour être franc, je n’étais pas sûr de venir ce soir pendant un moment : eh oui, c’est les partiels. Révisions obligent, j’ai moins de temps pour moi, et du coup, moins de temps pour gueuler. Seulement, c’est plus fort que moi : le naturel a repris le dessus, et je suis obligé de venir cracher mon venin. (suite…)

Je veux vivre

Je veux vivre.
« Je » c’est moi, Florie, « elle », ou peut-être « il », et pourquoi pas « yelle ».
« Je » c’est nous, toi, moi, les autres. L’humanité ? Pourquoi pas.

Aujourd’hui j’arrive à un moment clé de mon existence. Dix-neuf ans et cinq mois. Bel âge ! Pas encore la vingtaine mais plus du tout la dizaine.
Je suis à la fac, j’ai une famille aisée, un travail alimentaire qui me plait et que je considère à peine comme tel. Des amis, beaucoup d’amis, du temps libre et beaucoup d’envies.
Pourtant je ne suis pas heureuse. Non.
Pourtant je suis seule. Terriblement.
Pourtant je ne vois pas demain. C’est aujourd’hui.
Je me tue à arrêter de penser à moi. Je fais la fête, je vis ma vie à mille à l’heure pour ne plus voir à quel point je suis perdue.

(suite…)

En attendant la Pluie

Pour tout dire, du moins l’essentiel, je ne cherche plus à me prononcer ces temps-ci. Tout devient commentaire acerbe ou ignard, fausse modestie ou passion mal contrôlée. Mais ce matin, 20 Avril, je me suis apperçu que je pouvais encore avoir quelque chose à dire.

Je n’ai jamais participé à une AG, jamais pris le temps de m’intéresser à ce qui devrait me toucher directement (et qui me touche directement), lâcheté ou désintérêt, je ne trancherai pas personnellement. Je laisse ça à plus avisé que moi.

(suite…)

Offre d’emploi IGPN

Pour écouter la chronique cliquez ICI

On recrute !

Bonjour, aujourd’hui je vais pas vous gratifier de mon coup de gueule habituel je vais vous lire une petite annonce de recrutements de l’IGPN ou autrement dit la police des polices, bien évidement concoctée par mes soins si je peut aider ce sera avec grand plaisir.

« Recherche agent IGPN URGENT :

(suite…)

[Chronique] Post manif 09/03

Pour écouter la chronique cliquez Ici

 

Foule cool

 

Aujourd’hui je viens en deuil.

Oui le deuil est le mot, car j’ai sous mes yeux, ou plutôt dans mes yeux, vu mourir le peu d’espoir que j’avais dans l’humanité. Oui c’est triste en effet et c’est la larme à l’œil que je me remémore le déluge qui ma servie de pleurs mercredi dernier.

Je tiens à la préciser je voulais être le plus objectif possible sur cette manifestation les répression policière en ont fait autrement, ces propos n’engagent que moi.
Eh oui parce qu’on est aujourd’hui dans un pays ou un homme qui vient pour faire un reportage, pour faire des photos se fait attaquer directement par des CRS.

En effet ces derniers tirent avec des flash-ball et font l’usage de lances-grenades, et non pas en cloche comme la loi l’oblige bien sur, mais en tirs tendus aussi bien vers le groupe de manifestant que vers le groupe de presse qui s’est improvisé.

Alors après une première salve je pensais en avoir fini avec ça on se regroupait avec mes collègues après que nous ayons couru chacun ou nous pouvions l’un d’un coté, l’autre dans une boulangerie moi à l’autre bout, nous décidons alors de rebrousser un peu chemin, nous n’en aurons malheureusement pas le temps.

Eh oui car nous sommes bloqués entre les habitation et une rangée de buts et les CRS bâtissent en une poignée de seconde un réel mur de lacrymo nous fuyons donc de l’autre coté de cet étroit couloir ou les agents de la BAC nous attendent matraque à la main, il passent entre les bus bloquent le bout de l’allée. Ils matraquent à tout va.

Est-ce normal qu’en France aujourd’hui un reporter soit obliger de sauter par dessus des matraques, par dessus un homme se faisant passer à tabac, est-ce normal de voir ça aujourd’hui dans le pays de Charlie Hebdo mais si vous savez « On est tous Charlie », vous voyez plus ? Pourtant on était des millions dans les rues encore une fois les larmes aux yeux. A la seule différence c’est que ces larmes étaient belles c’était une marque de sensibilité, d’affection, elles étaient affreuses certes mais elles étaient belles. Les larmes que j’ai lâché ce mercredi je peut vous le dire elles n’avaient rien de belle, c’était même l’inverse totale, c’était des larmes piquantes, des larmes révoltantes, des larmes qui brûlent, des larmes à allumer le feu de la révolte.

 

CRSSS

 

La répression policière à fait beaucoup de dégât, un enfant de 9ans a été blessé oui on parle bien d’un gosses ! Mais ce n’est pas tout, j’ai vu sous mes yeux un homme âgé qui n’avait rien à se reprocher qui se rendait les deux mains en l’air se faire réprimander comme il se doit par la BAC. J’entends donc ici que cet homme a eu le droit aux matraques et au passage à tabac formule classique sur place.

Il est loin ce temps de Charlie.

Eh oui il est loin le temps de la liberté de la presse, il est loin le temps des forces de l’ordre au service du peuple, qu’il est loin ce temps., qu’il est loin…

Reprenons le ce temps rappelons leurs que l’on peut être des millions dans les rues, rappelons leurs qu’on peut leur faire peur, et commençons dès ce jeudi avec la manifestation étudiante qui partira à 13h de censive et prendra son départ en ville à 14H à Commerce.

La jeunesse se mobilise

Aujourd’hui, la jeunesse est à nouveau sortie dans les rues pour battre le pavé, dix ans après le CPE qui promettait la précarité, c’est à au même problème que nous sommes confrontés.

11143145_974621092574064_6244100282508535639_o

 

Le premier point et c’est sûrement le plus important, c’est comprendre la loi et ce qu’elle provoquera.
Alors alors qu’est-ce que ce projet de loi promet :

    • Les 11h de repos obligatoire par tranche de 24h de travail pourront être désormais fractionnées
    • Les apprentis mineurs pourront travailler 10h par jour et 40h par semaine
    • Par un simple accord d’entreprise, les salaires et le temps de travail peut être modifiés
    • Une entreprises peut faire un plan social sans même avoir de difficultés économiques.
    • Les deux jours de congé suite aux décès d’un membre de sa famille (enfant, conjoint…) ne font plus partie de la loi

Alors j’en passe et des meilleures, mais aujourd’hui nous apprenons que ce projet de loi El Khomri pourrait disparaître pour laisser place à un nouveau projet. Mais attention à la fumisterie, le gouvernement est devenu expert dans le genre.

Ces événements nous ont donc poussés à nous rassembler, je vais donc faire un compte-rendu de ce qui s’est passé sur Nantes ces derniers jours :

Le mercredi 9 Mars jour de la grande manifestation nationale une assemblée générale à été programmée et en voici le compte rendu :
Dans un premier temps il y a eu une explication de la loi.
– Cette loi n’est pas une remise en cause du chômage

    • Le « travailler plus » créé une augmentation du chômage
    • L’objectif devrait plutôt se diriger vers les 32h
    • Le droit des travailleurs soumis aux entreprises

… etc

Puis il y a eu une discussion avec des temps de paroles pris par les gens dans l’assemblé :

    • « Mobilisation très forte, plus forte qu’au début du CPE »
    • 3 lycées bloqués à Nantes
    • C’est un mouvement spontané qui dépasse le cadre des syndicats
    • Mise en place d’un comité de mobilisation
    • Le personnel de la Fac apporte son soutien et a voté le refus de la loi et appelle à rejoindre le mouvement étudiant

L’UNEF a été chahuté pour sa monopolisation du temps de parole

Vote :

  • Retrait sans négociation : voté à l’unanimité
  • Création d’un comité de mobilisation : quasi unanimité (quelques abstentions)
  • Départ en manifestation : Unanimité

S’en est donc suivi la manifestation votée par l’assemblée,

Je vais donner mon point de vue et je vais essayer d’être le plus objectif possible :

12842475_949182521797704_787295701_o

La manifestation débute alors devant Tertre avec pour but de rejoindre les mobilisations professionnelles à Bouffay, on emprunte donc la ligne de tram à pied. Le trajet se fait dans la bonne humeur, quelques slogans sont repris, le seul arrêt effectué est devant le siège du MEDEF qui a eu le droit à quelques ballons de peinture.

Arrivé sur la place Bouffay la manifestation part, elle est énorme, il nous faudra tout le temps de la manifestation quasiment pour rattraper la tête de cortège.
Tout se passe dans le plus grand calme.

Nous rejoignons la tête du cortège au niveau du château des ducs de Bretagne, où les syndicats ont décidé d’aller jusqu’à la gare.
A la gare justement, nous attendent des CRS en quantité, et des agents de la BAC qui se cachent un peu plus loin.
Les manifestants les plus engagés dans l’idée de prendre la gare tentent d’y pénétrer et devant la porte close, cassent la porte vitrée. Les CRS chargent ; une fois ce qu’on pourrait appelé casseurs dispersés, les CRS attaquent à la bombe lacrymo, au lance grenade lacrymogène les autres manifestants n’ayant rien fait. Ils tirent également vers nous qui étions réunis entre photographes et reporters. Cette première charge cesse, nous nous retrouvons et pensons que c’est fini mais nous nous retrouvons coincés entre un réel mur de lacrymo et des gens de la BAC n’ayant à l’esprit que de matraquer. Nous avons la chance de fuir, ce ne sera pas le cas pour un homme âgé qui, clamant qu’il se rendait à eu le droit à un passage à tabac des forces de l’ordre. C’est donc la larme à l’œil (enfin le torrent de larmes) que nous retrouvons d’autres victimes de ces attaques qui nous soignent.

12842569_949182615131028_1484259031_o

Retour à Bouffay ou un apéro est prévu dans une bonne ambiance.

Le lendemain s’en suit une nouvelle assemblée générale.

– La SUD s’est plaint de la répression policière trop rapide et gratuite

– Un militant des Jeunesses Socialistes a reproché aux SUD d’avoir organisé les « cassageS » (il n’y en a eu qu’un seul). Il a également accusé le comité d’organisation d’avoir séparé en deux la manif.

– Plusieurs syndicats se sont pris la tête – Une étudiante a demandé aux syndicats d’arrêter de se battre pour faire avancer l’AG

– Antoine, reporter pour le Panorama Café, à témoigné et exprimé son point de vue de reporter au moment des faits. Il y a eu un seul cassage (la porte vitrée), la manif séparée en deux par des lacrymos et non une mauvaise organisation, l’attaque des journalistes et des manifestants de deuxième ligne, etc.

  • Un tract et une information sur la loi est prévue pour bientôt.
  • Compte rendu du premier comité de mobilisation :
    • La mobilisation du 9 n’est pas assez et il faut rien lâcher
    • Il faut que le mouvement perdure
    • Les mouvements étudiants doivent réunir tout les étudiants et non pas que les syndicalistes
  • Prochaine date de manifestation : le 17 mars
    • proposition de multiplier les AG dans toutes les fac
  • les lycéens présents ont demandé le soutien des étudiants dans leurs mobilisations
  • La question de la prise d’un bâtiment ou d’un amphi pour en faire un lieu d’information continu est posée

Débat sur le nombre d’AG et sur le lieu

    • L’état d’urgence est également évoqué et la question se pose sur la convergence des luttes

Après une fin de séance agitée avec des débats à n’en plus finir et où tout le monde parlait en même temps, un vote a été fait pour prévoir la prochaine AG mardi prochain, en censive amphi 2. La prise d’un bâtiment a, quand à elle, été écartée, même si le principe d’occupation d’un lieu est voté.

Alors je vous le disais au début une nouvelle loi a été présentée, elle revient sur les plafonnements des indemnités pour licenciement abusif et sur la mesure sur le temps d’astreinte et sur le forfait jour. Quelques détails sont modifiés sur certains points comme le travail des apprentis et le licenciement économique, mais ces points n’en restent pas moins que des scandales. Par ailleurs, nous n’avons pas de nouvelles quand à certaines mesures répugnantes, prenons l’exemple du congé suite à un décès d’un membre de la famille : rien.

Le gouvernement commence à avoir peur du mouvement étudiant, donnons lui donc une bonne raison et faisons le exploser en plein vol.


Pour ce qui est des mouvements à venir.

En France les étudiants sont amenés à battre la pavé ce jeudi 17 Mars.

Le mouvement universitaire nantais vous invite tous à vous rendre à une nouvelle assemblé générale est prévue ce mardi 15 mars à 12H en censive amphi 2. Tout ce qui se passera par et pour les étudiants sera présenté à ce moment. Vous pourrez participer au débat et surtout voter pour faire entendre votre voix.
Venez nombreux c’est vous qui ferez avancer vos droits et reculer ceux qui veulent vous les prendre !