Placements de produits sur YouTube : Polémique sur l’Ethique.

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Cela fait une semaine que de plus en plus de YouTubers font l’annonce de placements de produits à venir sur leurs chaînes, en essayant de déculpabiliser au maximum. Cela m’a fait tilt ! Je me suis directement demandé : « Pourquoi se sentent-ils autant obligés de se justifier ? ». Je me suis alors moi-même questionnée sur ce point.

Ok, déjà, un placement de produit c’est quoi ? :

« Technique publicitaire qui consiste pour une entreprise à placer sa marque ou son produit de manière la plus visible possible dans un film, une émission de télévision, un clip musical, une vidéo Internet ou un jeu. »

Bien. Mais alors, comment cela se traduit-il sur YouTube ? :

Ce moyen étant relativement récent, cette pratique n’est pas encore très réglementée, mais, pour faire bref, le YouTuber en question est plutôt libre de faire le placement de la manière qui lui convient le mieux, le but restant de faire la promotion (plus ou moins clairement) du produit en question. Cela peut aller de la simple mise en valeur du produit dans la vidéo, à une vidéo entièrement consacrée à ça.

En théorie c’est plutôt simple.
Mais quel est le problème de ce genre de pratique ? Quelle est sa réalité ?

Il faut tout d’abord savoir que tous les YouTubers qui « pèsent un peu dans le game » reçoivent un grand nombre de mails par semaine, d’entreprises leur demandant de faire leur promotion en échange d’argent.

Ca y est ! Nous y sommes ! L’argent…
Sujet tabou depuis longtemps lorsqu’on parle des YouTubers (et pas que). Personne ne sait exactement combien ils gagnent, ni comment. Et beaucoup se posent la question de la légitimité à gagner sa vie en faisant des vidéos sur internet.

APARTE –  Sachons bien que faire une vidéo demande du travail, du temps et de l’énergie. Et le tout sur la durée, car oui, pour garder sa légitimité sur YouTube il faut être productif… Bah ! Mais bon là n’est pas le sujet. Donc la productivité nécessite parfois toute une équipe, et par conséquent des salariés. Bref, mettons-nous d’accord : c’est un travail ! Et toi derrière ton écran, tu es bien content de pouvoir, à la place de faire ta dissertation de philo, perdre quelques minutes sur YouTube à regarder le dernier « Top 10 des cacas de lendemains de soirées » de YOLOlesPinesCo. –

Revenons-en aux placements de produits. Pourquoi sont-ils si mal vus ?

En soit ils devraient peu nous importer. Ce que nous demandons à une vidéo est de nous divertir, de nous instruire et/ou de nous faire rire : de nous faire passer le temps. Tant que la qualité est là nous n’avons pas à nous plaindre, non ?
Oui. C’est vrai. Mais tiens, j’ai comme une envie de parler d’éthique d’un coup. Un petit truc sympathique.placement1

Selon la définition de Larousse, l’éthique serait ce qui concerne la morale, ou autrement dit l’ensemble des règles de conduite qui régissent notre société. Tu n’as toujours pas compris ? En gros c’est « C’est quoi qu’est bien, c’est quoi qu’est mal ? », « Toi t’es gentil et toi t’es méchant. », « Wesh, ça se fait trop pas.».

Le lien entre l’éthique et la publicité faite par des YouTubers ?

La question de l’argent, de la survie, de la production et de l’enrichissement.

On est tous d’accord pour se dire que ces bons gens-là ont besoin de se nourrir, car oui, je te le dis à toi (mais n’ébruite pas trop l’info non plus) : les YouTubers sont des êtres humains avec des besoins primaires. Il est donc essentiel et naturel qu’ils reçoivent un salaire en récompense de leurs efforts (comme tout travail). Mais combien ?
Là nous touchons à un sujet sensible de notre société, qui divise et est source de polémiques. Où se trouve la limite entre le assez et le trop ? Sans vouloir entrer trop dans la politique (car là n’est pas le sujet de cet article), il est important de soulever la question, et nous savons que le salaire reversé par YouTube se fait en fonction du nombre de vues (soit plus ou moins 1 dollar par millier de vues, quand nous ne prenons pas en comptes les diverses taxes).
Il est évident que les YouTubers les plus reconnus, que je ne n’ai même plus à nommer ne doivent pas avoir à se plaindre de manquer de pâtes le dimanche soir (même sans inclure les placements de produits et en incluent les taxes).

Il nous faut après soulever les besoins d’argent autres que « le vital » : la production artistique.
Faire un court métrage, c’est cher ! Si on veut faire une production à la hauteur de nos espérances il faut faire « copain-copain » avec des sponsors, et l’entente la plus facile est celle de la publicité : échange de bons procédés : « Je te file de la thune pour ta merde mais tu parles de moi pour que je me fasse de la thune aussi grâce à toi ».
Là encore l’idée est plutôt louable : c’est-à-dire que ce principe de « mécénat », bien que restant publicitaire, reste à but artistique.

Quel est alors le but « non-artistique » ?
L’enrichissement, la course à la fortune, l’addiction au pognon.

Le placement de produit est une publicité imposée à l’audimat, soit uneplacement3 manipulation de l’esprit humain pour lui faire croire que tel ou tel
produit est ce qu’il y a de mieux pour lui, et plus encore, que c’est la marche à suivre pour atteindre le bonheur. Mais bon, considérons que l’homme lambda est une personne adulte et intelligente qui a conscience de ce que veulent médias, agences et entreprises (CF. plus haut : cette chose qui commence par ar- et se finit par –gent).

Mais qui sont les utilisateurs de YouTube ?
Des adolescents, voire des enfants.
Jeune audimat, ne comprenant pas encore tout à fait le fonctionnement de notre société et qui, au doux son du mot « capitalisme » est capable de te dire « catapi-quoi ? ».

Et ces gentils petits vidéastes qui font justement des placements de produits (nous parlons évidement de ceux qui le font à outrance et sans prévenir qui que ce soit) se transforment donc en « Olivier de Cargrasse » le temps d’une vidéo, sans que tu ne t’en rendes compte, et en se faisant passer pour le « mec cool » qui fait des vidéos dans sa chambre, pour te vendre le dernier « Call of », ou le petit pack d’Orangina.

Toi tu as 12 ans. Tu l’adores. Tu te reconnais en lui, et tu rêves ta vie comme la sienne plus tard. Sa parole t’es sacrée. Et cet homme qui tient le rôle de grand frère te dit « Ce jeu est génial »… Donc comme tout bon petit frère tu te dis « Si il le dit c’est qu’il l’est : il me le faut ! ».

Le problème est multiple.
Tout d’abord, ce doux monsieur pousse ses abonnés à la consommation, voire la surconsommation.
Mais bon, si cela est fait avec sincérité, passe encore, car il considère réellement le produit comme étant de qualité supérieure et assez peu connu pour mériter une promotion. Mais le réel problème est celui du mensonge, quand il te dit que tel ou tel produit est bon car quelqu’un lui a soufflé ces mots en échange de beaucoup (beaucoup (beaucoup)) d’argent (et plus il fait des vues, plus la somme est considérable, alors imaginons quand il s’agit de trois ou 4 placements par vidéos).
Et cela (me) pose un gros problème :
Si tu ne fais pas ça par conviction tu le fais pour l’argent, et l’argent si tu as de la notoriété et des vues, tu n’en manques pas, tu fais donc ça par addiction à la fortune… Autrement dit, tu utilises tes abonnés qui te font confiance pour te faire une fortune monumentale. Tu leur mens et lesplacement2 manipules pour ta propre course au pouvoir et le tout en te faisant toujours passer pour « le mec cool » comme tout le monde.
Et là, tu ne vaux pas mieux que ces personnes tant controversées pour avoir été vendues, corrompues par d’autres personnes.
Une expression populaire parle de « vendre son âme au diable », remplace diable par Nintendo, Coca Cola ou Apple et tu as l’idée.
Et le plus triste est que cette nouvelle forme de publicité va être de plus en plus utilisée car particulièrement efficace : la pub ne nous est plus imposée, c’est nous qui allons la chercher !

Alors, ami lecteur, je sais que pour toi j’ai probablement joliment enfoncé des portes grandes ouvertes, mais il me semblait important d’essayer d’aller plus loin que le typique « Les placements de produits, c’est pour les pourris » ou encore l’affligeant « OSEF ».

Il y a plusieurs raisons de faire de la pub, et chacune est plus ou moins louable. C’est pour cela qu’il faut prendre le temps de réfléchir deux secondes aux choses, afin de ne pas faire de raccourcis et de se contenter de l’opinion commune.

Et pour finir un petit rappel :
Le mot « intellectuel » a été créé pour parler des libres penseurs.
Soyez des intellectuels, remettez le monde en question, documentez-vous, allez à l’encontre de votre formatage, même contre votre éthique afin de mieux comprendre ce qui vous entoure. Ne vous rangez pas vous-même dans des petites boîtes.
Soyez des intellectuels, car tout est critiquable et rien n’est figé.

Soyez des intellectuels !

 

Florie

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